Le gouverneur de la BCEAO, Jean claude Kassi Brou s’est prêté aux questions de journalistes venus des huit Etat de l’union monétaire ouest africaine, à la suite de la présentation du rapport annuel 2025, mercredi 22 juillet 2026, à Dakar au Sénégal.
A l’issue de La présentation du rapport annuel 2025 de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest BCEAO, mercredi 22juillet 2026 au siège de l’institution, le gouverneur Jean Claude Kassi Brou a répondu aux interrogations des journalistes. Ceux-ci ont voulu savoir, entre autres, si les nouvelles incertitudes avec la reprise des tensions au Moyen Orient qui ont entrainé une évolution significative des perspectives de 2026 par rapport aux prévisions initiales de la BCEAO. Et au gouverneur de la BCEAO de répondre que les tensions dans cette partie du monde ont occasionné une hausse des prix du baril de 60% à 90% avec 4 cycles différents en sept mois. « Ces changements nécessitent une vigilance accrue, car la hausse des prix des produits pétroliers affecte les coûts des engrais et de l’énergie avec des répercussions directes sur le pouvoir d’achat des ménages. Cela fait que les modèles sont révisés régulièrement avec comme objectif d’assurer la stabilité des prix », a-t-il expliqué.
Le gouverneur de la BCEAO a soutenu que l’engagement de la Banque centrale à jouer un rôle central dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme est fondamentale. Il a déclaré qu’il s’agit pour la Banque centrale de maintenir de la confiance que l’ensemble des acteurs nationaux, régionaux et internationaux vis-à-vis du système financier de l’UMOA.
LES EFFORTS DES PAYS POUR QUITTER LA LISTE GRISE SALUÉS
« La méfiance des acteurs se traduit par des difficultés d’avoir des relations et montre que les autorités de supervision ne sont passez fortes. Il faut être très ferme pour protéger notre système », a –t-il martelé. Le gouverneur de la BCEAO a salué les efforts de tous les pays pour sortir de la liste grise avec l’accompagnement de la banque centrale en tant que régulateur.
Interrogé sur les raisons de l’engagement de la BCEAO à financer les PME/PMI, son gouverneur a répondu que la Banque centrale entend ainsi apporter une réponse à une préoccupation qui n’est pas nouvelle. « Le financement vers les PME a augmenté de 20% en 2025, mais ce n’est pas suffisant au regard de l’importance du secteur », a-t-il ajouté. De ce fait, Jean Claude Kassi Brou a exhorté les Etats à poursuivre leurs efforts pour développer des structures d’accompagnement et les banques leurs efforts de financement des PME. Il a rappelé que la Banque centrale a développé un dispositif qui améliore les conditions de financement et de réduction des risques des banques. Quant aux responsables des PME, ils doivent se mobiliser davantage pour structurer leurs entreprises, selon le gouverneur de la BCEAO.

En ce qui concerne les attentes de la BCEAO vis-à-vis de la plateforme interopérable du système de paiement instantané de l’UEMOA, (PI-SPI UEMOA), Jean Claude Kassi Brou s’est voulu ferme. « Il faut décloisonner les systèmes caractérisés par la fragmentation. C’est pour cela que la BCEAO s’est mise aux devants en investissant dans cette plateforme qui réunit tous les acteurs », a-t-il commenté. Le gouverneur de la BCEAO a estimé que la banque est satisfaite de l’évolution de la PI- SPI UEMOA depuis son lancement.
Face à l’engouement de certains habitants pour la crypto monnaie, le gouverneur de la Banque centrale appelle à la prudence. « La BCEAO considère que les crypto actifs ont une volatilité très forte. Pour le moment il n’y a pas de règlementation donc les cryptos actifs ne sont pas une monnaie. De plus, les opérations se font dans l’anonymat augmentant les risques », a-t-il insisté. Néanmoins le gouverneur a souligné que la Banque centrale développe des réflexions pour encadrer les crypto actifs et l’utilisation de l’IA, tant en son sein qu’auprès des autres acteurs de l’écosystème financier au sein de la zone UMOA .
Nadège YE

