Au second jour de l’atelier organisé par la banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest au profit des journalistes de l’UMOA, les actions pour promouvoir l’inclusion et l’éducation financières et les efforts pour vulgariser davantage les systèmes de paiement ont été présentés aux participants
Bien que ne figurant pas parmi les 5 piliers de sa mission, la promotion de l’inclusion financière est devenue un des grands chantiers de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), afin de faciliter la vie des populations. Ce constat a été fait par le directeur de l’inclusion financière et de la microfinance, Assa Sangaré, au cours d’une session de formation au profit des journalistes le 21 juillet 2026 à Dakar au Sénégal. Elle a expliqué que l’inclusion financière est un enjeu majeur de développement économique et social, en ce sens qu’elle améliore le financement des activités productives, stimule l’investissement, la croissance économique et la création d’emplois. En termes de résultats, cet investissement de la Banque centrale aux coté des Etats membres se traduit par une hausse du taux d’inclusion financière qui est passé de 41% en 2015 à 76 % en 2025. Sur la même période, au Burkina Faso, il a fait un bond de 41% à 81,8%. Assa Sangaré a expliqué que cette situation s’explique par l’explosion de l’usage du mobile money avec 16 milliards de transactions enregistrés en 2025.

Néanmoins, pour relever les défis persistants, tels que le renforcement de la protection des consommateurs de services financiers et l’éducation financière, la Banque centrale a adopté la stratégie régionale de l’inclusion financière, couvrant la période 2025-2030 et un programme régional d’éducation financière depuis 2020.
Bientôt la fin du casse-tête des transactions de pays à pays
La stratégie régionale d’inclusion financière ambitionne de conduire au moins 90 % de la population adulte dans l’espace UEMOA à utiliser des services financiers adaptés à leurs besoins. Le programme régional d’éducation vise à informer 192 millions de personnes, sur les opportunités des services financiers.

Pour mettre fin au casse-tête des consommateurs lié aux transferts d’argent entre pays, entre des opérateurs différents ainsi que la circulation du cash, la Banque centrale conduit, depuis 1999, différentes réformes. L’information a été donnée par le directeur des systèmes et moyens de paiement, Massi Lawson. C’est ainsi que désormais, en cas de virement bancaire depuis l’un des pays de l’Union, le destinataire peut toucher son chèque en deux jours, grâce au système interbancaire de compensation automatisé dans l’UEMOA (SICA-UEMAO), au lieu de 45 jours auparavant. Afin de faciliter davantage les transactions pour ceux qui mènent des activités dans d’autres pays de la zone, ou ont de la famille dans d’autres pays ou simplement veulent faire des achats lors d’un voyage, la BECEAO a développé la plateforme interopérable du système de paiement instantané dans l’UEMOA (PI –SPI UEMOA). Lorsque tous les acteurs y seront connectés, les citoyens de huit pays pourront acheter, vendre, transférer de l’argent dans les différents pays en temps réel sans aucune difficulté. La date butoir fixé aux acteurs pour se connecter à PI-SPI UEMOA est le 30 septembre 2026. Au Burkina Faso, la plupart des banques et Orange money Burkina Faso offrent déjà ce service.
Nadège YE

