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Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré aux appelés à l’immersion : « Votre mission, c’est de défendre les intérêts de votre patrie »

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La cérémonie de clôture de l’Immersion patriotique obligatoire(IPO) a eu, le lieu hier jeudi 27 août 2026 au Stade du 4-Août sous la présidence du Chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré. Nous vous proposons son message en intégralité.

Camarades patriotes, je vous salue. Je vous félicite pour ces semaines parcourues à l’école de la vie. Je profite de l’occasion pour rendre un vibrant hommage au comité national d’organisation de cette immersion patriotique obligatoire, mais également et surtout à vos intrépides cadres qui vous ont accompagnés durant toutes ces semaines. Je rends un hommage appuyé à nos vaillantes forces combattantes, grâce à qui l’immersion patriotique a pu avoir lieu au Burkina sans incident. Je voudrais que vous vous tenez debout pour les applaudir pendant une minute pour leur dire merci.

Camarades patriotes, vous avez passé plusieurs semaines à l’école de la vie, je disais tantôt. Pendant ces semaines, vous avez appris beaucoup de valeurs qui concernent notre patrie, le Burkina Faso. Je m’en prie de m’évertuer sur certaines de ces valeurs qui vous ont été inculquées pour former le citoyen de demain que nous souhaitons, dans ce temps de révolution, à une époque charnière de l’histoire du Burkina Faso. Pour que notre révolution se mène bien, nous avons besoin de citoyens convaincus et de citoyens engagés. Et pour cela, vous avez appris des valeurs d’humilité. Et, je souhaite que vous compreniez dès à présent que l’une des qualités premières d’un révolutionnaire est l’humilité. L’humilité en ce sens que vous devez toujours vous remettre en cause et vous dire que vous n’avez pas toujours tout appris. Avoir l’humilité de comprendre qu’on doit toujours apprendre est une très bonne chose.

Avoir l’humilité de chercher à comprendre toujours le monde est une très bonne chose. Avoir l’humilité de chercher à cerner la nature et la géopolitique est une très bonne chose. Car, celui qui n’apprend pas, qui ne cherche pas à comprendre, à cerner ce qui se passe autour de lui, est un ignorant. Et un ignorant est un danger pour notre révolution. Ayez l’humilité d’apprendre, de comprendre et de toujours savoir. L’ignorant est un danger et peut être un traitre par son ignorance. Et, si vous êtes un traitre pour votre patrie, vous deviendrez ce que j’appellerai, pardonnez moi le terme : une poubelle de l’histoire. Travaillez à ne pas être un ignorant.

Cherchez à apprendre, cherchez toujours à comprendre et remettez-vous toujours en cause. Vous avez appris l’humilité en ce sens que parmi ces 65 000 appelés, certains avaient le choix hier de leur type de matelas. D’autres se plaignaient du confort de leur voiture qui les emmenaient à l’école. D’autres, par contre, se plaignaient peut-être de leur vélo dont la chaîne déraille chaque fois qu’ils pédalent. D’autres n’avaient le choix que de se plaindre de la douleur de leur talon qui a perforé leurs chaussures. Parmi vous, certains se plaignaient de la qualité du croissant au petit déjeuner.

D’autres se plaignaient de la qualité du poisson au déjeuner. Tandis que d’autres cherchaient les graines d’arachide pour pouvoir apprendre leurs leçons. Mais vous vous êtes retrouvés tous à dormir par terre. Cela fait partie de l’humilité. Vous vous êtes retrouvés tous autour de la même soupe. Et souvent, la soupe qui n’a pas existé, par privation. Vous avez connu aussi ce qu’on appelle la faim, pour ceux qui en avaient de l’abondance. Vous vous êtes retrouvés par-dessus tout, vos différences sociales. Cette humilité, vous devez toujours l’avoir en vous. Et comprendre que, partout au Burkina Faso, nous pouvons trouver des êtres qui ont de l’abondance et d’autres qui n’ont rien.

« Gardez ces valeurs d’humilité en vous »

Les appelés ont promis de travailler pour construire un Burkina meilleur.

Mais, vous devez apprendre à vivre ensemble, à partager ensemble, endurer les souffrances de tout un chacun. Gardez ces valeurs d’humilité en vous. Parce que la vie n’est pas toujours rose. Voilà pourquoi, je parle d’école de la vie. Faites en sorte que cette valeur d’humilité qui vous a été enseignée vous permette de vous mettre au-dessus de toute considération, qu’elle soit religieuse, ethnique ou sociale. Soyez des Burkinabè dignes, fiers, au-dessus de toute considération sociale, ethnique ou religieuse. Vous avez également appris à travers cette humilité, des valeurs de solidarité, parce que vous avez appris à partager. Les plus forts sont ceux qui aidaient les plus faibles à avancer.

Ceux qui avaient à manger se cachaient peut être pour donner à ceux qui en étaient privés. La solidarité est une valeur très importante en Révolution. Et pour un patriote, la solidarité doit être intrinsèque en lui. Nous sommes une et une seule famille: le Burkina Faso. Tout Burkinabè est votre frère et votre soeur. Et vous devez apprendre à partager tout ce que vous avez avec vos frères et vos soeurs. A chaque instant, vous devez vous poser la question, qu’est-ce que je peux faire pour mon voisin ? Qu’est-ce que je peux faire pour mon quartier ? Qu’est-ce que je peux faire pour ma commune ?

Qu’est-ce que je peux faire pour ma patrie ? Cela pour vous dire qu’en Révolution, vous avez plus de devoirs que de droits. Il ne s’agira plus pour vous de dire que nous avons le droit à cela, mais de vous poser la question, qu’est-ce qu’on peut faire pour notre patrie ? Surtout dans ce moment charnière de notre histoire. Et une fois que vous inculquez en vous cette valeur de solidarité, vous pouvez être amenés à vous départir d’un certain nombre de fléaux qui minent notre société. Vous avez également appris à avoir un très bon moral et à avoir une très bonne moralité.

Le moral est important dans votre vie. Vous, aujourd’hui, bacheliers, futurs étudiants dans vos différentes universités, tout n’est pas parfait. Nous faisons des efforts aujourd’hui, certes, de pouvoir construire des amphithéâtres, pour construire beaucoup d’infrastructures éducatives. Nous essayerons d’améliorer tout ce qui est cité et restaurant universitaires. Mais tout n’est pas parfait. Ce qui veut dire que la vie qui vous attend dans le milieu universitaire est un autre combat.

Et dans ce combat, il faut avoir le moral. Peu importe la situation, vous devez vous surpassez. Quelqu’un qui n’a pas le moral d’affronter les dures réalités de la vie peut être amené à emprunter le chemin de la facilité. Et je vous en conjure, éviter les raccourcis, les chemins de la facilité, parce que ces chemins de la facilité vous amènent encore vers ce fléau que j’ai appelé la traitrise. Et, je vous dirai pourquoi, il faut éviter, d’être un traitre pour votre patrie.

« Apprenez des leçons de l’histoire »
Ayez toujours le moral. Engagez-vous, et foncez, selon vos convictions. Travaillez pour votre patrie. Ne baissez jamais les bras. Si nous avions baissé les bras, le Burkina ne serait pas le Burkina aujourd’hui. A un moment donné de l’histoire de notre pays, en tant que militaire, il m’est venu souvent à l’idée de démissionner, d’aller faire autre chose. Mais en tant que patriote, porteur de cette tenue, nous nous sommes dit également, il n’est pas question de laisser tomber la patrie. Il faille qu’on se batte.

Pour cette édition, plus de 65 000 bacheliers ont pris part à l’immersion.

Voilà pourquoi, en dépit de la situation qui était délétère, en 2022, nous avons décidé de prendre nos responsabilités. Il fallait un moral d’acier. Et je souhaite que vous ayez ce moral, de ne jamais abandonner, de croire en vous, en votre patrie et de tout donner pour que la patrie reste debout. L’eldorado dont nous rêvons, nous pouvons le créer, je ne cesse de le dire. C’est possible. Croyez en vous, croyez en votre patrie. Peu importe la situation, vous devez garder le moral toujours haut.

C’est une valeur très importante. Vous avez appris à avoir une très bonne moralité. Parce que le révolutionnaire burkinabè, c’est quelqu’un qui se départit de tout ce qui est tricherie, mensonge. Et c’est quelqu’un qui a de la dignité. Et quand je parle de la dignité, c’est ce que le Burkina Faso exprime aujourd’hui. Nous refusons de nous mettre à plat ventre devant certaines personnes, pour quoi que ce soit, ou pour des miettes qu’on nous servait hier. Et vous devez individuellement avoir cette dignité en vous et vous battre, et travailler pour votre patrie. Vous ne devez pas accepter la facilité.

Vous ne devez pas accepter les courts chemins. Parce que cela vous mène à la traitrise. Retenez une chose. Les grandes nations développées éliminent tout ce qui est traître intérieur. Elles les éliminent sans état d’âme. Et, ils cherchent à créer des traîtres dans les autres pays qui vont les servir. Nous aspirons à être une grande nation et forte. Peut-être que nous devrions emboiter ce pas. En tout état de cause, lorsqu’ils créent des traîtres dans d’autres pays, et quand les traîtres finissent de les servir, ils finissent toujours par les éliminer, d’une manière ou d’une autre.

Soit parce qu’ils en savent trop, soit parce qu’ils deviennent gênant, mais ils finissent toujours par éliminer les traîtres, qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur qui les aident. Ne soyez pas des traîtres. Apprenez des leçons de l’histoire. Il y a plein de traîtres qui ont servi ces grandes nations. Mais au finish, ils ont été oubliés. Vous avez un exemple parfait ici au Burkina Faso. Après notre Révolution démocratique et populaire, notre patrie a été trahi, mais les traîtres, ont connait leur sort.

« Ne soyez pas des traîtres pour notre patrie »
Elles créent les traîtres ailleurs, mais ne reçoivent jamais les traîtres chez elles. Elles savent que la traîtrise est comme une maladie, et lorsqu’elles reçoivent des traîtres chez elles, cela pourrait peut-être contaminer leur population. Lorsqu’elles finissent d’utiliser les traîtres, elles les jettent et les éliminent. C’est comme cela que ça fonctionne. C’est une leçon de la vie. Ne soyez pas des traîtres pour notre patrie. N’acceptez pas la facilité. Travaillez, bossez dur. Et soyez de dignes Burkinabè.

Ce sont ces valeurs qui vont vous accompagner et vont vous aider tout au long de votre vie. Vous irez bientôt rejoindre vos universités pour participer à la vie active, au développement de votre pays. Retenez une chose. Personne, je dis bien personne, ne viendra développer cette patrie pour nous. Personne ne viendra faire quoi que ce soit pour nous parce que nous avons de beaux yeux, parce qu’ils nous aiment. Tout le monde à ses idées à défendre. Et votre mission, c’est de défendre les intérêts de votre patrie. Nos ancêtres nous ont cédé cette terre.

Notre devoir est de l’entretenir et de faire en sorte que ces terres reviennent à nos enfants et aux générations à venir. Parce que ces terres sont bénites, saines, et c’est votre devoir de les protéger. En aucun cas, vous ne devez céder un seul centimètre de votre territoire pour quoi que ce soit. Battez-vous jusqu’au sacrifice suprême s’il le faut. Mais jamais, vous ne devez céder une portion de votre territoire pour quoi que ce soit. Retenez ceci : quand viendra le moment de rentrer dans la vie active, ce patriotisme qui vous a été inculqué, il faut toujours vous remémorer cela.

Qu’est ce que je fais pour ma patrie ? Evitez le chemin de la facilité. Une fois que vous retenez ces leçons, vous ferez changer de visage le Burkina Faso. Nous vous attendons. Que vous soyez à l’université ou dans la vie professionnelle immédiatement après cette immersion, retenez toujours ces leçons et faites en sorte que le Burkinabè nouveau que nous voulons pour notre Révolution, que ce soit à partir de ces immersions que nous sommes en train d’organiser. Vous êtes la deuxième promotion. Vous avez vos ainés qui ont eu la chance de faire l’année passée, ceux aussi qui n’ont pas eu la chance de participer, nous donnerons l’occasion à tout un chacun, bientôt à travers les centres nationaux d’immersion, pour que tout le monde puisse venir participer de manière volontaire ou obligatoire, pour que nous puissions construire le Burkina de nos rêves.

Sur ce, je ne peux que vous souhaiter une bonne chance pour vos petites vacances qui vous restent. Une bonne chance pour cette rentrée académique, une bonne chance à tous ceux qui vont rejoindre la vie professionnelle, qui ne voudront pas peut-être aller à l’université. En tout état de cause, et à chaque instant, vous devrez vous poser la question : Comment je fais pour que mon pays devienne une grande Nation ?

Parce que le Burkina est aujourd’hui une vitrine. Je l’ai dit et je le répète, tout le monde se mire à travers le Burkina. Et vous devez participer de manière active à la construction de votre patrie partout où vous êtes. Je vous souhaite une très bonne chance, que Dieu vous accompagne dans votre vie future. Que Dieu fasse de vous des citoyens honnêtes, patriotes, intrinsèquement révolutionnaires. Que Dieu fasse de vous de vrais Burkinabè. Que Dieu protège notre chère patrie. Que Dieu continue de protéger et d’accompagner nos Forces de défense et de sécurité. Que Dieu bénisse le Burkina Faso.
La Patrie de la Mort, nous Vaincrons.

Propos retranscris par la Rédaction

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