Le cadre provincial des personnes ressources du Sandbondtenga a organisé, le samedi 22 août 2026, à Kaya, une conférence publique sur la désinformation dans un contexte des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle.
Modérée par le ministre chargé de la Santé, Robert Kargougou et son homologue de l’Enseignement secondaire, Moumouni Zoungrana, la conférence publique, animée par le président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Louis
Modeste Ouédraogo, a porté sur le thème : «Désinformation à l’ère des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle : comprendre, vérifier et agir pour préserver la paix et la cohésion sociale au Sandbondtenga ».
Organisé, le samedi 22 août 2026, à Kaya, par le Cadre provincial des personnes ressources du Sandbondtenga (CPPRS) dont le président est le Dima de Boussouma, le Naaba Sigri, ce conclave marque la toute première activité de cette association dont les membres sont issus des 12 cantons du royaume de Boussouma.
Selon le coordonnateur du CPPRS, Ismaël Sawadogo, l’organisation de cette conférence se justifie par les dérives constatées sur les Réseaux sociaux (RS) entrainant certaines interpellations par les services compétents et le contexte de guerre qui recommande une communication saine prônant la paix et la cohésion sociale. Le président de la cérémonie, le chef de canton de Mané, le Naaba Sinbdo, a transmis les salutations du Dima de Boussouma au Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, pour les différentes actions menées au bénéficie des populations.
Il a exhorté les filles et fils du Sandbondtenga à construire la Patrie. Pour le représentant du parrain de la conférence, M. Kargougou a salué l’initiative de cette activité qui vise à promouvoir la paix et la cohésion sociale au Sandbondtenga. Dans son exposé, le conférencier a indiqué que la communication est une arme à double tranchant, en ce sens qu’elle peut aider à construire la paix et la cohésion, à régler des problèmes, à résoudre des conflits, à cultiver l’entraide, la solidarité, à éveiller les consciences, bref, à bâtir une société de paix et de développement.
Cependant, elle peut créer des troubles à l’ordre social, la division, attiser les conflits, déstabiliser les Etats ou les institutions publiques, désinformer, diffamer, dénigrer, etc., en un mot, la communication peut être utilisée pour désorienter une société dans le but de semer le chaos. C’est pourquoi, il a salué la pertinence du thème de cette conférence publique qui permettra d’aider les populations à mieux appréhender les phénomènes de désinformation, des discours de haine, leurs conséquences potentielles sur la société et les bons comportements, réflexes et les bonnes attitudes que les internautes doivent avoir face à ces phénomènes. Toute chose qui contribuera à promouvoir la paix, la cohésion et la sécurité.
En définissant les concepts, Louis Modeste Ouédraogo a souligné que la désinformation désigne une fausse information créée, diffusée volontairement, dans l’intention de tromper, de nuire. Par contre, la mésinformation est une information fausse que l’on partage sans intention de nuire.
Désinformer pour déstabiliser
Quant à la malinformation, il s’agit d’une information vraie, mais sortie de son contexte, ou détournée pour nuire à une personne ou à un groupe. A l’entendre, l’Intelligence artificielle (IA) désigne un ensemble de techniques qui permettent à des systèmes d’informatique d’exécuter certaines tâches n’existant habituellement des capacités humaines. « On peut utiliser l’IA pour faire de la désinformation, mésinformation et malinformation. Elle amplifie la capacité de nuisance », a-t-il précisé.
De l’avis du conférencier, un autre phénomène accompagne la désinformation : les discours de haine avec pour mêmes objectifs de troubler la paix, la cohésion sociale et de déstabiliser les institutions. Pour lui, les personnes malintentionnées s’appuient sur la liberté d’expression qui est un droit fondamental, pour faire de la désinformation ou des discours de haine. « Leur conférant la liberté d’expression comme droit fondamental, les gens pensent qu’ils ont le droit de tout dire, de dire ce qu’ils veulent, d’insulter les autres, de dénigrer, de manipuler et de diviser les gens.
Non, la liberté d’expression est un droit humain fondamental, reconnu par la Constitution du Burkina, par d’autres textes, mais cela ne leur donne aucunement le droit de dénigrer, d’injurier, de diffamer ou de manipuler à travers la désinformation pour déstabiliser le pays », a insisté, M. Ouédraogo. En termes de conséquences, le conférencier a déclaré que la désinformation affecte la cohésion sociale, le vivre-ensemble, la tolérance religieuse, la dignité des personnes, l’ordre publique, la confiance entre l’autorité et les populations.
De même, selon lui, elle exacerbe les discours d’intolérance religieuse, la défiance, le discrédit des autorités, les troubles, la panique, la haine et les divisions des communautés.
« Politiquement, elle menace la stabilité d’un Etat pour créer un sentiment négatif contre les autorités ou un soulèvement populaire », a averti le président du CSC. Pour lutter contre la désinformation, des mécanismes ont été mis en place tels que l’existence du CSC, de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC).
Ces structures forment, sensibilisent, préviennent et parfois sanctionnent pour une attitude responsable sur les RS. En termes de recommandations, le conférencier a exhorté les populations à vérifier les faits, à adopter une grande responsabilité, à faire preuve de bon sens dans l’utilisation des RS. « Nous ne devons pas approuver, relayer des informations douteuses. Evitez d’accuser une personne, une ethnie ou une communauté lorsqu’il s’agit des faits graves. Evitez les messages de haine et la stigmatisation. Construisez la paix, la cohésion sociale envers les autres. Signalez les faux messages sur les RS ou interpeller le CSC ou la BCLCC », a suggéré Louis Modeste Ouédraogo.
Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com

